En résumé
- 1 Quand votre maison sent le sous-bois : ne négligez jamais l’odeur
- 2 Le test du tournevis : évaluer la résistance du bois
- 3 L’aspect visuel : du voile blanc aux spores orangées
- 4 Pourquoi l’humidité est le complice silencieux
- 5 Agir vite : les erreurs à ne pas commettre
- 6 Puis-je utiliser de l’eau de Javel pour tuer la mérule ?
- 7 La mérule est-elle dangereuse pour la santé ?
- 8 Comment différencier la mérule du salpêtre ?
- 9 La mérule peut-elle traverser les murs en pierre ?
En Bref : L’essentiel à retenir
👃 L’alerte olfactive : Une odeur persistante de sous-bois ou de moisi constitue souvent le tout premier signal d’alarme, bien avant les traces visibles.
🕸️ Le piège du coton : L’apparition d’un feutrage blanc, semblable à de la ouate ou une toile d’araignée épaisse, signe le développement actif du mycélium.
🧱 La ruine du bois : Une structure qui s’effrite en petits cubes (pourriture cubique) indique que la résistance mécanique est déjà compromise.
💧 Le facteur clé : L’humidité confinée et le manque d’aération sont les moteurs principaux de cette infestation destructrice.
Quand votre maison sent le sous-bois : ne négligez jamais l’odeur
Dans la lutte contre ce fléau domestique, votre nez est souvent votre meilleur allié. Bien avant que les premières taches n’apparaissent sur vos plinthes ou vos plafonds, la mérule signale sa présence par une signature olfactive très particulière. Il s’agit d’une odeur de champignon, de terre humide ou de sous-bois automnal qui stagne dans l’air. Contrairement aux simples odeurs de renfermé qui se dissipent après une bonne aération, celle-ci persiste, notamment dans les pièces peu ventilées, les caves ou les greniers.
Cette émanation résulte des composés organiques volatils libérés par le champignon alors qu’il commence à digérer la cellulose. Si vous percevez cette senteur caractéristique, il est impératif d’inspecter immédiatement les zones à risque, c’est-à-dire les espaces obscurs et humides. Pour mieux cibler vos recherches, il est utile de savoir quels matériaux la mérule dévore en priorité, car elle ne s’attaque pas uniquement aux poutres apparentes.

Le test du tournevis : évaluer la résistance du bois
Si l’odeur a éveillé vos soupçons, passez à l’examen tactile. Un bois sain doit être dur et résistant. En revanche, un bois attaqué par la mérule perd sa densité de manière spectaculaire. Même s’il semble intact en surface, un simple test avec la pointe d’un tournevis ou d’un couteau peut révéler l’ampleur des dégâts : si l’outil s’enfonce comme dans du beurre, la structure est compromise.
Ce phénomène, appelé pourriture cubique, provoque un dessèchement interne du matériau qui finit par se craqueler en petits rectangles bruns. À ce stade, la solidité de votre plancher ou de votre charpente est menacée. Pour éviter l’effondrement ou des rénovations lourdes, la mise en place rapide d’un traitement de charpentes contre les champignons s’impose comme une mesure de sauvegarde incontournable.
L’aspect visuel : du voile blanc aux spores orangées
Le champignon change d’apparence selon son stade de développement et les conditions ambiantes. Au début, dans l’obscurité d’un vide sanitaire ou derrière un doublage, il ressemble à une mousse blanche cotonneuse, souvent confondue avec du salpêtre ou une simple toile d’araignée épaisse. C’est le mycélium en pleine expansion. Il peut parcourir plusieurs mètres à travers la maçonnerie pour trouver une nouvelle source de bois à consommer.
Lorsque le champignon se sent menacé (par la lumière ou une baisse d’humidité) ou arrive à maturité, il change de couleur. Il forme alors un carpophore, une sorte de crêpe aux bords blancs et au centre rouille ou brun. C’est à ce moment qu’il libère des milliards de spores, recouvrant les alentours d’une fine poussière rouge brique. La découverte de cette poudre colorée au sol est un signe gravissime d’infestation avancée. Face à une telle découverte, solliciter une expertise et conseils auprès de spécialistes est la seule voie sécurisée pour établir un diagnostic précis.
Pourquoi l’humidité est le complice silencieux
La mérule ne s’installe jamais par hasard. Elle profite d’un taux d’humidité du bois situé entre 22 % et 35 % pour prospérer. Les fuites de toiture, les remontées capillaires ou simplement une condensation excessive due à une mauvaise ventilation créent le terreau idéal pour son développement. En 2025, avec l’augmentation des rénovations thermiques rendant les maisons de plus en plus étanches, le risque de confinement de l’air humide a paradoxalement augmenté.
Il ne suffit pas de traiter le champignon ; il faut couper sa source d’eau. Rétablir une ventilation efficace et réparer les fuites sont des prérequis absolus. Sans cela, le champignon se mettra simplement en dormance pour ressurgir plus tard. Pour garantir une éradication durable et protéger votre maison, l’approche doit être globale, traitant à la fois la cause (l’eau) et le symptôme (le champignon).
Agir vite : les erreurs à ne pas commettre
La panique pousse souvent les propriétaires à commettre des erreurs irréparables. Le réflexe le plus courant, et le plus catastrophique, est de gratter le champignon ou de le nettoyer à l’eau de Javel. Le chlore ne tue pas la mérule en profondeur ; pire, l’apport d’eau liquide accélère sa croissance. De plus, gratter la surface disperse les spores dans toute l’habitation, contaminant ainsi des pièces jusqu’alors saines.
Si vous identifiez un des signes décrits, la règle d’or est de ne rien toucher et de limiter les courants d’air vers le reste de la maison pour éviter la dissémination. Contactez immédiatement un professionnel certifié. Des entreprises comme Qualité BZH disposent des protocoles techniques nécessaires, comme le brûlage des maçonneries et l’injection de fongicides, pour assainir définitivement les lieux.
Puis-je utiliser de l’eau de Javel pour tuer la mérule ?
Absolument pas. L’eau de Javel est inefficace contre le mycélium en profondeur et apporte de l’eau dont le champignon a besoin pour se développer, ce qui peut accélérer l’infestation.
La mérule est-elle dangereuse pour la santé ?
Oui, la présence de mérule peut aggraver les problèmes respiratoires comme l’asthme ou les allergies, principalement à cause de la forte humidité ambiante et de la grande quantité de spores libérées dans l’air.
Comment différencier la mérule du salpêtre ?
Le salpêtre est un dépôt cristallin blanc qui goûte le sel et s’effrite en poudre, tandis que la mérule a une texture fibreuse, cotonneuse ou gélatineuse qui adhère au support.
La mérule peut-elle traverser les murs en pierre ?
Oui, les filaments de la mérule (rhizomorphes) sont capables de traverser les joints de maçonnerie et les murs épais pour aller chercher de l’eau ou du bois de l’autre côté.

