En résumé
- 1 Comprendre et reconnaître les signes des remontées capillaires
- 2 Les matériaux de construction les plus vulnérables
- 3 Le diagnostic professionnel : une étape clé avant tout traitement
- 4 Quelles sont les solutions pour traiter durablement les remontées capillaires ?
- 5 L’injection de résine hydrophobe : la méthode la plus répandue
- 6 Le drainage périphérique : une solution efficace mais lourde
- 7 L’assèchement par électro-osmose : une alternative moins invasive
- 8 Les erreurs à ne surtout pas commettre 🛑
- 9 Comment savoir si j’ai des remontées capillaires ?
- 10 Quelle est la différence entre remontées capillaires et condensation ?
- 11 Quelles sont les solutions les plus fiables pour traiter ce problème ?
- 12 Pourquoi est-il déconseillé de mettre un enduit ciment sur un mur humide ?
Les remontées capillaires, ce phénomène où l’humidité du sol s’infiltre dans les murs, touchent près d’un logement sur cinq en France. Souvent confondues avec la condensation, elles causent des dégâts importants si elles ne sont pas traitées correctement. Un diagnostic précis est la clé pour choisir la bonne solution et éviter des dépenses inutiles. Ce guide vous aide à identifier les signes, comprendre les traitements et déjouer les pièges courants.
En bref, voici les points essentiels à retenir :
➡️ Identifier les signes : Les taches d’humidité se manifestent toujours en bas des murs, accompagnées de salpêtre (dépôts blancs), de décollement de la peinture et d’une odeur de moisi.
➡️ Ne pas confondre : Contrairement à la condensation (liée à une mauvaise ventilation) ou aux infiltrations (fuites), la capillarité est une migration lente et constante de l’eau du sol.
➡️ Le diagnostic est crucial : Faire appel à un professionnel permet de confirmer l’origine du problème à l’aide d’outils spécifiques comme un humidimètre et d’éviter les traitements inadaptés.
➡️ Solutions variées : L’injection de résine n’est pas la seule option. Le drainage, l’électro-osmose ou la pose de siphons atmosphériques peuvent être plus pertinents selon le bâtiment.
➡️ L’erreur à ne pas commettre : Appliquer un revêtement étanche (enduit ciment, peinture anti-humidité) sur un mur souffrant de remontées capillaires emprisonne l’humidité et aggrave les dégâts à long terme.
Comprendre et reconnaître les signes des remontées capillaires
Le phénomène des remontées capillaires est simple à visualiser : imaginez un sucre trempé dans un café. Le liquide monte naturellement dans le sucre. C’est exactement ce qu’il se passe lorsque les fondations d’une maison sont en contact avec un sol humide. L’eau migre vers le haut à travers les matériaux poreux des murs comme la brique, le plâtre ou la pierre calcaire.
Pour savoir si vous êtes concerné, cherchez les indices caractéristiques. Le signe le plus évident est l’apparition de taches d’humidité formant une ligne plus ou moins régulière à la base des murs, pouvant monter jusqu’à 1,50 mètre. Ces taches sont souvent accompagnées d’un décollement du papier peint, de cloques sur la peinture ou d’un effritement des enduits.
Un autre symptôme révélateur est la présence de salpêtre. Il s’agit de dépôts blanchâtres, d’aspect poudreux, qui correspondent aux sels minéraux transportés par l’eau et qui cristallisent à la surface du mur lorsque l’eau s’évapore. Enfin, une odeur persistante de moisi ou de terre humide, même après aération, est un signal d’alarme à ne pas négliger. 👃
Les matériaux de construction les plus vulnérables
Tous les matériaux ne sont pas égaux face à ce problème. Les constructions anciennes sont particulièrement touchées. Les briques pleines anciennes, le torchis, les pierres calcaires tendres (comme le tuffeau) ou encore les mortiers à la chaux sont de véritables éponges à humidité en raison de leur forte porosité. En revanche, des matériaux denses comme le granit ou le schiste sont beaucoup moins sensibles.
Le diagnostic professionnel : une étape clé avant tout traitement
Avant d’envisager le moindre chantier, un diagnostic précis est indispensable. Il permet de confirmer qu’il s’agit bien de remontées capillaires et non de condensation ou d’une infiltration latérale. Un professionnel qualifié, idéalement certifié (par exemple par le COFRAC), utilisera des outils spécifiques pour établir une analyse fiable.
L’expert réalisera des mesures avec un humidimètre à pointes ou à ondes pour cartographier le taux d’humidité à l’intérieur des murs à différentes hauteurs. Un mur est considéré comme humide au-delà de 16% d’humidité. Il pourra également analyser la présence de sels minéraux (nitrates, sulfates) à l’aide de bandelettes réactives, confirmant que l’eau provient bien du sol.
Ce diagnostic est essentiel, car il conditionne le choix de la solution. Engager des travaux sur une mauvaise base est la garantie de dépenser de l’argent pour un résultat inefficace. C’est à partir de ce rapport détaillé que vous pourrez explorer les techniques efficaces pour lutter contre l’humidité dans un sous-sol ou d’autres pièces de la maison.
Quelles sont les solutions pour traiter durablement les remontées capillaires ?
Une fois le diagnostic posé, plusieurs techniques existent pour assainir vos murs. Le choix dépend de la nature de la maçonnerie, de l’ampleur du phénomène et de votre budget.
L’injection de résine hydrophobe : la méthode la plus répandue
Cette technique consiste à percer des trous à la base du mur, tous les 10 à 15 cm, pour y injecter une résine qui va se diffuser et créer une barrière étanche à l’intérieur de la maçonnerie. Cette arase chimique bloque définitivement la montée de l’eau. Comptez entre 40 € et 200 € par mètre linéaire. Attention, cette méthode est moins efficace sur les murs hétérogènes (mélange de pierre et de terre) ou très épais, et il faudra attendre 6 à 12 mois pour que le mur s’assèche complètement avant de refaire les décorations.
Le drainage périphérique : une solution efficace mais lourde
Le drainage consiste à creuser une tranchée tout autour de la maison pour y installer un drain qui collectera et évacuera l’eau loin des fondations. C’est une solution très efficace, surtout si le terrain est en pente ou argileux. Cependant, elle implique des travaux de terrassement importants et n’est pas réalisable pour les maisons mitoyennes. Le coût est également plus élevé, de 100 € à 220 € par mètre linéaire.
L’assèchement par électro-osmose : une alternative moins invasive
Ce procédé technologique inverse le champ électrique responsable de la montée de l’eau dans les murs. Des électrodes sont placées dans le mur et reliées à un boîtier qui génère un courant de très faible intensité, forçant l’eau à redescendre vers le sol. C’est une méthode sans travaux de maçonnerie, mais son efficacité sur le très long terme fait parfois débat. Le budget varie de 40 € à 110 € par mètre linéaire. Le choix du bon produit pour traiter efficacement un mur humide sera souvent complémentaire à ces techniques de fond.
Les erreurs à ne surtout pas commettre 🛑
Dans la lutte contre l’humidité, certaines « fausses bonnes idées » peuvent considérablement aggraver la situation. La plus courante est de vouloir masquer le problème avec un revêtement étanche.
Appliquer un enduit ciment, une peinture plastifiée ou un lambris PVC sur un mur humide est contre-productif. Vous allez bloquer l’évaporation naturelle de l’eau. Résultat : l’humidité sera piégée, continuera de dégrader le mur en profondeur et remontera encore plus haut pour trouver une issue. Privilégiez toujours des matériaux perspirants comme les enduits à la chaux.
De même, ne vous précipitez pas pour refaire la décoration après un traitement. Un mur met plusieurs mois à s’assécher complètement. Si vous repeignez trop tôt, la nouvelle peinture risque de cloquer rapidement. Patience et bonne ventilation sont vos meilleures alliées durant cette phase.
Comment savoir si j’ai des remontées capillaires ?
Les signes qui ne trompent pas sont des taches d’humidité localisées en bas des murs, un décollement des peintures ou papiers peints, l’apparition de dépôts blancs (salpêtre) et une odeur de moisi tenace, particulièrement près du sol.
Quelle est la différence entre remontées capillaires et condensation ?
Les remontées capillaires viennent du sol et affectent la base des murs de manière uniforme. La condensation, elle, est due à un excès d’humidité dans l’air et se manifeste sur les surfaces froides (fenêtres, angles des murs, ponts thermiques), souvent en hauteur.
Quelles sont les solutions les plus fiables pour traiter ce problème ?
Les traitements les plus courants et efficaces sont l’injection de résine hydrophobe pour créer une barrière étanche, le drainage périphérique pour évacuer l’eau du sol, ou encore l’assèchement par électro-osmose. Le choix dépend de la construction et du diagnostic initial.
Pourquoi est-il déconseillé de mettre un enduit ciment sur un mur humide ?
Un enduit ciment est étanche et empêche le mur de respirer. Il piège l’humidité à l’intérieur, ce qui accélère la dégradation du matériau et pousse l’eau à remonter encore plus haut dans le mur pour s’évaporer.




